Groupe hospitalier Pitié Salpetrière (Paris-75)
Introduction
Les politiques actuelles tendent à regrouper les hôpitaux au sein de centrales d’achats toujours plus importantes (RESA, GHS UNI HA) avec pour objectif théorique la rationalisation des achats hospitaliers. Nous avons quantifié les apports et une des limites d’une organisation centralisée des marchés qui laisse à charge des pharmaciens une activité d’évaluation d’achat locale très consommatrice de temps.
Matériels et méthodes
Depuis 2005, nous procédons à une validation pharmaceutique pour toute demande d’approvisionnement de produits non référencés en marché (APHP). Nous avons mesuré sur 2005, 2006 et 2007 le nombre de dossiers traités, le temps nécessaire à l’élaboration d’un dossier technique et réglementaire avec évaluation du marché, recherche d’équivalent, enquête des pratiques. Ceci nous a permis d’estimer un coût évité pour l’hôpital.
Résultats
669 dossiers ont été traités en 2007. 70% des dossiers ont été acceptés après analyse. 30% ont reçu un avis défavorable avec une réorientation vers un équivalent en marché. Pour ces derniers, nous avons mesuré le différentiel de prix et l’avons rapporté au volume de consommation annuel. Le coût évité est de l’ordre de 250 m€ en 2007. Le temps pharmacien annuel est de 2,4 équivalents temps plein.
Discussion
Bien que nos résultats soient spécifiques de la taille de notre hôpital, le nombre de nos services (67) parfois très spécialisés, et la place non négligeable de l’innovation (ex : cardiologie interventionnelle), nous estimons représenter la diversité de la demande à laquelle doivent faire face les centrales d’achats. Nos résultats illustrent la méconnaissance de l’état du marché par des utilisateurs noyés dans l’information. Ils montrent également l’insuffisance de ces marchés centralisés peu à même à répondre de façon exhaustive à l’ensemble des besoins et la nécessité d’une politique locale d’analyse, d’information et de formation.
Conclusion
La centralisation des marchés a permis de gérer en 2007 un budget de 31M€, tandis que les produits hors marché ont représenté 344m€, soit 1% des dépenses totales. 2,4 ETP pharmaciens ont permis un coût évité de 250 m€. Notre démarche s’inscrit donc dans la maîtrise rationnelle des dépenses de santé.
Mots clefs : Sécurisation du circuit des dispositifs médicaux – Rationalisation de la fonction Achat hospitalier- Rôle du pharmacien - Maîtrise des dépenses